mardi 17 novembre 2009

Je regarde la télévision

Vu sur Canal + à l'instant, ce film hallucinant dont sûrement personne ne parlera jamais et qui ne remuera que très peu de merde m'a retourné l'estomac. Si la grande majorité des 4 millions d'abonnés à Canal+ le sont pour le football et les films de cul, ils ont "l'immense privilège" de visionner, parfois, des enquêtes qui les laissent pantois, voire complètement écoeurés. Certes, personne n'est assez dupe pour penser que notre "démocratie" est exempte de corruption, mais voir le spectacle d'une justice gangrenée (le mot "gangrène" revient à maintes reprises lors des témoignages du documentaire) à ce point là fait que je m'inquiète sérieusement pour la santé et l'avenir du réalisateur (M. De LESTRADE, un pseudo j'espère) et de ses collaborateurs. J'ai pu insérer ci-dessous un rapide commentaire glané via google qui malheureusement ne vous donnera même pas la moindre idée de la gravité de ce qu'on y voit et entend. Une fleur que je m'envoie tout seul: J'ai toujours pensé (enfin depuis 1993 hein !!) que le Procureur Eric de Montgolfier était une chance pour nos institutions, tant il paraissait incorruptible et inaltérable (c'est quand même lui qui a permis à Tapie d'être confondu dans ses malversations footballo-businesso-politique) et j'ai aujourd'hui la confirmation absolue que cette "impression intuitive" était juste (justement, la justice toussa !!).
Je suis scandalisé à un tel point que je n'imagine même pas m'endormir cette nuit, et la perspective que personne ne lise ces lignes, ou que mes éventuels lecteur se contre-carrent complètement de mes états d'âmes ne m'aidera sûrement pas à trouver les bras de momorphe. Avant de fermer ce blog définitivement, je voudrais donc faire-savoir que le Système me fait gerber, tous les jours, à chaque seconde et que je me demande comment je vais pouvoir avoir envie, un jour de m'y "réinsérer".
A bon entendeur.


"Justice sous tutelle", un constat accablant sur le système français

PARIS — "Justice sous tutelle" un documentaire coup de poing de Thierry de Lestrade et Brigitte Vital-Durand, co-produit par Canal+, décortique le système judiciaire français et ses rapports malsains avec le monde politique.

Difficile d'organiser une plongée dans le monde de la justice, d'en expliquer les rouages de façon compréhensible et de recueillir des témoignages: c'est le pari réussi de ce film, diffusé le 16 novembre sur Canal + à 20H55, qui dresse un constat accablant de la machine judiciaire.

"L'idée du film est née il y a 24 mois: faire un état des lieux de la justice, deux ans après le désastre d'Outreau. Il ne s'agissait pas d'avoir un regard extérieur accusateur, mais de suivre de l'intérieur le travail des magistrats", explique Thierry de Lestrade.

Le documentaire défend un point de vue. "La tutelle est une notion vague et abstraite qu'il faut rendre compréhensible et vivante, avec des exemples concrets, des témoignages et des scènes pris sur le vif", poursuit le réalisateur.

Trois ans après Outreau et les promesses de réformes qui ont suivi, aucun magistrat n'a démissionné. Cette inertie ne traduit-elle pas une volonté politique, une justice aux ordres, interrogent les auteurs.

Depuis l'ENM, la prestigieuse Ecole nationale de la magistrature, où, contrairement à l'ENA, la notation reste la base du système, jusqu'à la Chancellerie et l'Elysée, le film dresse de l'intérieur un portrait sans concession. "Notre système est un système de soumission qui commence dès l'école", relève Eric de Montgolfier.

Des juges comme Eva Joly ou Renaud Van Ruymbeke, des procureurs comme Dominique Barella (aujourd'hui rattaché à l'Inspection générales des affaires sociales), des avocats comme Eric Dupond-Moretti, des auditeurs de justice, tous s'expriment librement avec courage. En fil rouge, les propos particulièrement forts d'un ancien juge d'instruction Laurent Lèguevaque qui a quitté l'institution il y a 15 ans.

"L'Etat attend de moi que je sois un bon fonctionnaire -pas de vagues- qui fasse des dossiers avec des pauvres gens, qui cerne les quartiers, pour que le politique puisse dire: on lutte contre la toxicomanie, on lutte contre le viol, on lutte contre tout", assène-t-il.

La reprise en main du parquet, le projet de suppression du juge d'instruction, le manque de moyens (le budget de fonctionnement de la justice en France est de 6 milliards d'euros, contre 12 milliards en Grande Bretagne), la question de l'avancement et du plan de carrière des magistrats, tous les sujets sont abordés et l'éclairage apporté souvent consternant.