Ce qui est remarquable avec les decennies, c'est qu'on finit toujours par les caractériser d'une manière très sentimentale et nostalgique. Quand nous parlons des années cinquante, ce n'est pas tant la tranche de dix ans ayant pour préfixe "cinquante" mais bien de la période de reconstruction européenne tout à la gloire des states, de leur jazz, de leurs chewing-gums et de tout ce qui peut être de mauvais goût et se consommer massivement. Depuis un gros siècle, nous aimons à classer le calendrier passé en séquences relatives à une période de dix ans. Chacune à sa musique, ses odeurs, ses films, sa guerre, ses couleurs, ses idées.
Mais revenons à ma période à moi, celle de mon enfance, de mon adolescence car ce sont les seules dont je peux véritablement parler. Il est difficile de borner efficacement cette décennie. Pour définir leur commencemment, on peut prendre l'arrivée de Mitterrand au pouvoir et son slogan "Changer la vie", ou même remonter trois ans en arrière avec la naissance et la mort du mouvement punk (essentiel aux eighties), ou encore décréter que mes années quatre-vingt ont commencé avec la diffusion de Goldorak à la télévision française. C'est d'ailleurs cette troisième
idée qui me tente le plus, pour la bonne et simple raison que la télévision de cette époque avait une importance démeusurée et qu'en raison du peu de programmes disponibles, les programmes à succès avaient des audiences staliniennes. Il faut dire que dans ma tranche d'âge, Goldorak et Candy (la mixité n'avait pas encore cours à cette époque post-ORTF) immobilisaient la grande majorité des yeux masculins et féminins (respectivement) lors de mercredis après-midi attendus comme une fête. Nous pouvions rejouer les scènes entre nous, à l'infini toute une semaine (une douzaine de récréations tout de même). Cependant, les années octantes (comme nous devrions les nommer si nous n'avions pas perfidement enlaidi notre langue pour tromper l'étranger) sont liées à un phénomène et une oeuvre celle du groupe The Cure
dont la parution de chaque album rythmait et colorait ma vie. Pour être clair, jusqu'en mille neuf cent quatre-vingt quatre, j'ignorais jusqu'à l'éxistence de cet obscure formation londonienne, mais à force de d'auto-suggestion j'ai pu reconstituer ma mémoire et donc y inclure ce que je n'ai pas vécu sur le moment, par erreur.
1980

La décennie commence donc avec "Seventeen seconds" deuxième opus du groupe. Pourquoi ne pas commencer par le premier ? Tout simplement car sa date de parution ainsi que son contenu appartient définivement à la décennie précédente. Seventeen seconds est le premier véritable album de Cure, l'ambiance est encore légère mais est devenue froide et un poil austère. C'est de la musique bleue, je n'ai jamais su pourquoi je vois du bleu dans ces chansons. "A forest" est la chanson la plus populaire de l'album, pourtant ce morceau trop long, trop répétitif aurait dû être boudé par la majorité, c'est le contraire qui se produisit. Cet album pourrait résumer la décennie, le désenchantement commence à poindre, les trente glorieuses sont enterrées avec leur musique définitivement balayée. Nous entrons dans l'ère de la rareté, rareté des notes et des effets, rareté des mots. Finies l'opulence et l'ostentation, il faudra être discret et efficace. Finis les combats politiques et la libération sexuelle, place au romantisme markété. L'album se termine par une chanson dont la lenteur extrème et la simplicité harmonique sont des provocations incroyables et jusqu'alors inconnues. Enfin je pense !!Il est normal que cette année m'évoque un peu moins de souvenirs, après tout je n'avais que sept ans. Je me rappelle d'un fait remarquable : Quand il neige les enfants sont sensés être ravis de jouer dans le froid. Il doivent pouvoir faire une boule de neige à mains nues sans sourciller et la lancer avec un grand sourire. Ce n'était dramatiquement pas mon cas, les averses de neige me donnaient surtout l'envie de profiter du confort de ma chambre bleue. Je n'aimais déjà pas le temps gris qui plombait la vue que j'avais depuis la fenêtre de ma chambre. Les tuiles brunes des pavillons de mon lotissement amplifiait la tristesse du temps gris de ces après-midi interminables. La télé était en noir et blanc et malgré cela on pouvait toujours reconnaitre le casque d'or de Jean-Pierre Rives lors des France-Angleterre que mon père aimait regarder dans ma chambre (c'était ma grande fierté que mon père aime dormir pendant que je jouais au pied du lit).
1981

Faith est sans doute l'album le plus contestable, il est gothique, clinique, neigeux, mou et pourtant sublime pour certaines chansons. On y entend parler de deuil, de noyade, de fêtes morbides mais on reste apaisé par ces démonstrations bizzares. On pourrait presque parler d'un album Giscardien, la censure en moins. Cette musique glaciale colle plus aux grèves du début du règne Thatcher qu'aux festivités françaises du 10 mai.
Qu'entendais-je à l'époque ?
- Que la peine de mort était abolie en France et que c'était un progrès considérable.
- Que John Mc Enroe est d'origine irlandaise.
- Que quatre ministres communistes dans un gouvernement, c'est peut-être trop
- Que "Sadate, il est mort !" (souvenir de la cantine scolaire, une employée répêtait cette phrase en nous servant)
- Que les Beatles étaient le plus grand groupe du monde et qu'on ne pourrait jamais les dépasser (Laurence, dans l'escalier, à Villiers)
- Que Mamie tricotte des pulls au col trop étroit et aux manches trop courtes
- Que Perrine est née en cette année 1981
- Ce qu'étaient les Khmers rouges.
- Que ma maîtresse de CE1 n'était pas molle du genou mais malade depuis longtemps
- Que Coluche, finalement s'était retiré.
- D'abord, les vêtements militaires ou d'aviateur
- Jimmy Carter, qui incarnait la classe absolue, je me coiffais comme lui, il était blond, il était beau, c'était mon Kenedy à moi. Plus tard, son assassinat politique par un acteur californien vulgaire, vieux et sans charisme a été ma première déception politique. A l'école, à la récréation, je pris un camarade à témoin pour lui dire ma peine, il ne connaissait ni Reagan ni le démocrate, j'ai vraiment dû passer pour un moins que rien.
- Mon cousin Benoît que j'adorais, que j'adore toujours, mais bon voilà quoi.

L'année de tous les patatrasmes ! Les premiers déçus du socialisme commencent à réaliser la supercherie. Leur pays est cadenacé économiquement par les tenants de la droite, il le restera, comme le reste du monde par la suite. C'est l'année de Sabra et Chatila (que j'écris comme j'ai toujours entendu prononcé) que je croyais être deux enfants massacrés au Liban. Je n'étais pas loin de la vérité mais très loin du compte (deux !!). Mais 1982 c'est l'année de Pornography : sommet des sommets, roi des albums, pureté absolue. L'auditeur étant pris à témoin à chaque titre, à chaque son, ne peut rester indifférent. Cet album sera violemment rejeté
par les critiques anglais puis adopté par les jeunes gens, et finalement érrigé en chef d'oeuvre universel. Pourtant, cette année là, l'année de mes dix ans, mon tourne-disque ne connait pas encore cette révolution et le saphir est habitué à sillonner les galettes de Renaud, Téléphone et The Police. Ma première batterie date de cette époque, elle est composée de différents albums de bandes-dessinées (un Tintin et au moins un Astérix) sur lesquelles je frappe avec des baguettes en bois (deux triples-décimètres en bois, c'était avant que les règles soient plates et plastifiées). Vues les traces laissées par ma première interprétation de "Cendrillon", je
me suis vite décidé à remplacer mes toms par des annuaires téléphoniques essoniens (tout de même déjà assez épais , même à l'époque). De toutes façons je n'avais nullement besoin de botin pour utiliser notre téléphone (oui, à l'époque il s'est agit d'un outil collectif et familial), tous les numéros utiles étaient appris et retenus, appeler Séba ? 015.88.84, joindre Florent ? 016.85.76, c'était largement suffisant.
C'est aussi l'année du Match de football, la glorieuse défaite contre une allemagne déshonorée à jamais par un Schumacher déchainé ce soir là. C'était la première coupe du monde que je suivais, j'ai vraiment cru que le mot "mundial" était le mot français pour désigner cette compétition (d'autant que quatre années plus tard aura lieu dans un autre pays hispanophone). Je me souviens encore du premier match entièrement regardé à la télévision, un Italie-Cameroon (1-1, il me semble) sur lequel N'Kono glisse de façon incompréhensible au moment de l'égalisation imméritée d'une tête italienne (il est possible que ce fut celle de Grazziani). Je me souviens du samedi suivant où le France-Angleterre est joué comme une finale, j'y découvre les noms de Robson, Platt, Schilton portant le maillot le plus laid de toute l'histoire de la perfide sélection britanique. L'affront de la défaite (3-1) sera lavé quelques jours plus tard par l'eclatante victoire contre l'Irlande du Nord (avec un but de Rocheteau, vedette absolue, on aurait pu dire : "Rocheteau, ouais, ça roxxxxx !!"). C'est au match suivant que je découvre qu'un Platini peut se blesser (je ne voyais pas l'intérêt, mais bon) contre une Autriche aussi triste que tricheuse (se rappeler du un partout anschlussien réalisé avec l'ami teuton pour sortir la magnifique Algérie de la compétition, match marqué par un but du genou de Rubesh que je n'ai jamais réussi à reproduire). Je me rappelle m'être demandé s'il suffisait de le remplacer par un mec au nom aussi transalpin pour ne pas voir la supercherie. Effectivement, le match fut scellé par un coup-franc platinien d'un Genghini à moustaches. C'était du football à l'ancienne, les perdants étaient magnifiques (Brésil, France), les gagnants étaient très forts (Italie, République Fédérale d'Allemagne) et les enjeux de ce jeu ne concernaient encore que l'honneur et le plaisir. Si ma mémoire avait pu être opérationnelle quelques années plus tôt, j'aurais pu décréter la décénnie inaugurée par un coup-franc de Michel Platini. C'est aussi l'année de la publicité : "Fruité c'est plus musclé !".
Cet été là, dans la voiture, un ancêtre d'auto-radio scande "Quand la musique est bonne, bonne bonne bonne !".
Après avoir connu mes premières émotions de sport télévisé, j'ai eu, un soir d'automne 1982 une nouvelle et décisive révélation télévisuelle. J'avais repéré dans le "Télé 7 jours" parental qu'un concert allait être diffusé un vendredi soir, l'article faisait état d'un groupe au nom imprononçable et montrait une photo de scène montrant deux chanteurs. Pour être honnête, voir un concert de musique "rock" m'a terrorisé toute la semaine, je pensais à quelque chose de très violent et imaginais que seule une personne adulte était en mesure de le visionner. Ce fut donc une surprise incroyable de me retrouver le soir convenu, en compagnie de toute la famille
dans le lit parental, à attendre le début du concert. On m'expliqua que le groupe était Simon and Garfunkel, que le concert avait lieu dans un parc central devant près de 500 000 personnes, que les deux chanteurs étaient homos et qu'ils étaient mariés et que ce n'était pas vraiment rock and roll mais plutôt des chansons douces. J'ai eu le droit de regarder le concert jusqu'à la sublime "The sounds of silence" et je peux dire que je ne m'en suis jamais vraiment remis. Plus tard, la cassette audio du même enregistrement fut écoutée jusqu'à la mort de la bande magnétique et un jour de 2008, je me suis procuré le DVD, on avait bien changé de siècle. L'ironie c'est que j'ai appris dans la foulée que le concert à "Central Park" était en fait un concert d'adieu et que le couple et le groupe avaient vécu.
Je crois que c'est à cette période que j'ai eu ma première promotion. On (mes parents) a décidé de changer le papier peint de ma chambre, on (mes parents) m'a demandé mon avis. J'ai choisi le violet, une couleur chic et chaude. Le résultat était pas mal, c'était violet avec de minicules fleurs blanches, chic et chaud. Il y avait un grand tapis couleur caramel (pour être précis, il faut se remémorer une Danette caramel) un tourne-disque bleu et rond qui avait la particularité d'être plus petit qu'un 33 tours (30 cm de diamètre). D'un côté il y avait les pochettes cornées, de l'autre, les disques rayés. J'ai toujours eu du mal à écouter "Message in the bottle", je garde un mauvais souvenir de la première chanson de cet album génial de ce (futur) con de Sting. Une amie de ma mère croit intelligent de m'acheter un 45 de Chantal Goya intitulé "Bécassine", même ma mère s'est rendu compte de l'impair. Je me rappelle m'être senti obligé d'y poser le saphir pour montrer que j'écoutais avant de me prononcer. Sans surprise, c'était de la merde. Je préfèrais encore les grossiers Trust et les abrutis en short d'AC/DC. A noter que j'ai toujours détester les groupes australiens, sans raison apparente.
1983

Grande époque de la new-wave variété (Duran Duran), des coiffures en 3D, de l'ignoble "Thriller" du non moins horrible Jackson et d'un duo ridicule avec un ancien beatle. Etant au collège, je suis beaucoup plus au fait des nouvelles tendances (le smurf de Sidney par exemple, dont le générique de l'émission était de Herbie Hancock) et j'obtiens la permission de porter un pantalon "noir" et mon mythique blouson noir à manche "chauve-souris" et doublure blanche en "filet". Je ressemblais à mes 45 tours achetés dans l'année (Indochine, Kajagoogoo, Nena) c'était chouette, en définitive, je ne resemblais déjà à personne de mon collège. C'est l'année où j'étais amoureux de Céline. C'est l'année où j'ai compris que toutes les époques ne sont pas heureuse, c'est l'année où j'ai compris qu'à moi seul, je ne pouvais changer les choses. En réalité, en 1983 j'avais beaucoup plus que mes dix ans, mais mon avance n'a pas duré. Quelques jours avant ce tournant, Noah écrabouillait Willander en finale. Du côté de Robert Smith, les choses se sont compliquées également. The Cure séparé puis reconstitué n'importe comment produit une musique étrangement festive et légère, quoiqu'assez laide. Je me suis passionné pour un grand prix de Formule 1 mené par le très prometteur Alain Prost dont la Renault explosa (j'ai encore à l'esprit l'image du moteur en feu) au dernier tour, le privant d'une première et
brillante victoire. Déception lorsqu'il fut filmé sans son casque, il n'avait de jeune que l'âge. Par la suite, je me suis d'ailleurs toujours méfié de la fiabilité des moteurs du constructeur français et j'aurais préféré que mon père opte pour une Lotus au lieu d'une R16 commune et vieillotte. Un soir de printemps, je me retrouve au parc des princes, tribune présidentielle, jaune (à l'époque, de haut en bas, les sièges étaient bleus, roses et jaunes), pour ce qui était présenté comme une revanche du mundial contre nos amis anglais. La Juventus de platini (en jaune) ayant massacré les espoirs européens de Paris quelques semaines plus tôt, le meneur français se retrouve donc à affronter onze anglais surmotivés et 40000 français furieux contre lui et prêts à le lyncher. Mais je découvre le public parisien aussi versatile qu'un collabo en 44, un coup-franc et une tête du maître ayant rapidement restauré le statut de demi-dieu de l'ex renégat. Un fait plus important qu'un autre, dans la tribune qu'on appelera plus tard "Auteuil" (à ma gauche quoi), ce qu'on appelera plus tard des holygans anglais sont déchaînés, armés de barres de fer, combattant
les CRS venus les empêcher de démonter le stade. je me souviens ne pas avoir eu peur (j'étais quand même avec mon père) mais m'être questionné à propos de leurs motivations. Je n'aurais jamais pu croire que c'était juste pour une défaite en football. Nous, en France, nous savions comment digérer les défaites, et même, souvent, de les transformer en victoire morale. La bonne nouvelle, c'est que les anglais avaient changé de maillot depuis le mundial, la sobriété était de rigueur puisque seuls le blanc et le noir avaient subsisté et il était un peu vexant de constater que les bleus avaient gardé leur maillot à fines bandes blanches, joli mais qui avait déjà trop vécu. Cette année là, à la télé, on découvrait les mots "rigueur" et "austérité", prononcés par M. Pierre Mauroy, ça devenait presque catastrophique. Alors là, je dois dire que je ne comprenais pas trop. Je me suis méfié de l'expression, "A la rigueur, oui" que j'entendais régulièrement. Je ne comprenais pas pourquoi on n'aimait plus Mitterrand.
1984

The Top ! L'album coloré, orientalisé et pseudo-psychédélique est le dernier que j'aurais découvert à postériori. Ce projet un peu raté recelle paradoxalement la chanson qui résume toute la carrière du groupe : "Shake dog shake" (secoue chien secoue !!). Dans la même année est sorti le "live" intitulé sobrement (c'était l'expression de Rock & Folk à l'époque) "The Cure - Concert" au son rèche et âpre et sombre. Comme souvent avec The Cure, la couleur de la pochette est merveilleusement en adéquation avec la couleur de leur musique. Mais pour le garçon que j'étais, l'actualité musicale, c'était bien sûr "Un autre monde", le dernier album de
téléphone. Je pensais que pour enregistrer l'album, le groupe jouait les chansons les unes après les autres, dans une sorte de prise unique et globale. Après quelques écoutes religieuses, j'avais même cru détecter que l'application était extrème dans le premier morceau (l'impeccable "les dunes" piste numéro un de la face A). Cet album était jaune et ça m'a un peu gêné au début.
A l'été 1984, je pars en vacances, je rejoins la famille de Florent à "Chez Ravizzi" que je croyais être une ville du var. C'était le nom du propriétaire de la villa avec piscine louée pour l'été. Ces vacances m'ont laissé un grand souvenir et j'y ai découvert plein de choses :
- C'était mon premier voyage en avion sans adulte, ce qui m'a valu de devoir porter une pochette "UM" autour du cou. Humiliation bien inutile puisque je pensais avoir l'habitude de prendre l'avion. L'aéroplane était un Mercure (Breguet Aviation) et la compagnie (la regrettée) Air Inter.
- C'était une autre famille, tout était nouveau, tout beau et je me souviens de la gentillesse et de la douceur de chacun à mon égard. C'était délicieux.
- Florent ayant harponné (et mangé) un poulpe avec un fusil plus grand que lui, j'avais trouvé que finalement, la plongée, c'était cool.
- C'étaient les jeux olympiques de Los Angeles (les premières et les dernières Olympiade que j'aie suivies à la télévision). C'était Carl Lewis, Sebastian Coe, Pierre Quinon (Pierre Quinon quoi !!!), la France qui gagne la finale contre le brésil malgré une équipe en bois (Daniel Xuereb et Guy Lacombe quand-même !!!) des futurs ministres UMP escrimeurs, des couleurs magnifiques.
- C'étaient les premières barres de céréales "Jump" avec un kangooroo sur le sachet.
- C'étaient la piscine, les petits déjs au soleil avec pain cramé et beurre salé (une odeur dont je reparlerai).
- C'était les récits de Florent à propos de son amoureuse, dont malheuresement j'ai oublié le nom. Non, il s'agissait d'Annabel et ça avait l'air d'être torride entre eux, j'en revenais pas. Faut dire que Florent a un an de plus que moi. Depuis, ce prénom a toujours évoqué des trucs hyper ... positifs on va dire. Plus tard, j'ai aimé une Annabelle.
- C'était la correspondante allemande de la fille du propriétaire de la villa dont j'avais aperçu les seins !
- C'était le retour en Talbot Solara (Talbot quoi!)
Cet été là, je crois que j'ai cessé d'être un petit petit garçon. Quand je suis rentré, nous avions déménagés, la maison était immense avec les murs et les plafonds de travers, des poutres préhistoriques, des parois aussi épaisses que celles d'un bunker et j'y avais une très grande chambre. Assez de place pour pouvoir, un jour, y mettre une batterie.